VERZOLA Les classes informationnelles

By admin - Last updated: mardi, avril 12, 2005 - Save & Share - Leave a Comment

Roberto Verzola, Towards a Political Economy of Information : Studies on the Information Economy, FNS, Philippines, 2004

Pour Verzola, nous sommes dans une économie de l’information, prédominante par rapport aux économies des secteurs industriels et écologiques. Cette prédominance s’élabore grâce au coût quasiment nul de reproduction de l’information dans l’ère numérique, dont la production est couverte par le droit des brevets et de la propriété intellectuelle. La production de richesse est alors basée sur l’immense décalage entre exploitation de ces droits, et coûts de fabrication.

Verzola dresse une nomenclature des classes sociales de l’économie de la société l’information, sur la base de la position des individus dans la production, la distribution et l’usage de l’information.


Les cyberseigneurs y représentent la classe des propriétaires, des corpus d’information, des infrastructures matérielles de création, de distribution et d’usage. Le haut de cette couche sociale vit de l’exploitation des droits de propriété intellectuelle dans les domaines du logiciel, du traitement et du stockage de données dans les domaines de la culture, des biotechnologies, et des informations de domaine public, par investissement et contrat. Ils ont besoin de disposer d’infrastructures internationales légales, qui permettent l’extraction et l’exploitation des biens informationnels dans l’eldorado de la privatisation. Les firmes à la point dans ce secteur sont des entreprises américaines, européennes et japonaises, qui disposent d’infrastructures informationelles très développées et de conceptions de la propriété intellectuelle à l' »avant garde ». La couche moyenne des cyberseigneurs tire un revenu des droits de propriété intellectuelle du corpus informationnel qu’elle a elle-même produit, qu’il relève du domaine culturel, industriel, scientifique : ce sont les droits d’auteur sur les chansons, ou les brevets d’invention. Les plus petits cyberseigneurs doivent exercer une activité professionnelle pour compléter leurs rentes. C’est le cas des cyberseigneurs locaux.

Une seconde catégorie de cyberseigneurs représentent les propriétaires des infrastructures matérielles, lignes et équipements de communication, stations radio et télévision, fournisseurs d’accès Internet, opérateurs télécom et cable. C’est plus une classe industrielle qu’informationnelle mais qui joue un rôle clef dans l’économie informationnelle. Leur position sur la propriété intellectuelle n’est pas univoque, leurs infrastructures étant parfois redevable de droits et de brevets.
Sont inclus dans la classe des cyberseigneurs différents profils professionnels, ceux les plus rénumérés qui sont à leur service : managers haut de gamme, manipulateurs symboliques, avocats. Cette stratification est graduée jusqu’au cyberseigneur moyen qui a internalisé l’idéologie du cyberseigneur selon laquelle il suffit de trouver la bonne idée ou la bonne expression d’une idée, la déposer, et en vivre toute sa vie.

La classe des « compradors » (?), reproduit et vend des produits brevetés ou relevant du droit de propriété intellectuelle, et versent des droits aux cyberseigneurs ou construisent des circuits de distribution illégaux.
La classe des travailleurs mentaux et intellectuels est la principale source des biens informationnels et en vit. Sa couche haute gagne sa vie par contrat et droits d’auteur, et en défend le principe. La couche moyenne gagne sa vie par contrat uniquement, et parvient quelquefois à protéger son travail de la privatisation. La couche basse de cette classe est employée et les droits de propriété intellectuelle de son travail appartient aux organismes pour lesquels elle travaille.
La classe des utilisateurs d’informations rassemble des membres de toutes les classes dont des secteurs écologiques et industriels, et diffuse et partage les informations qu’elle consomme, et acquiert une conscience politique très élevée, exprimée aux niveaux culturel, économique et politique et rejoint de cette façon les intellectuels dans la classe des producteurs.

A partir de là, la source majeure de conflits et possibilités d’émergence de modèles économiques plus équitables est le paradoxe de la nécessité d’un partage des connaissances comme condition de l’innovation, qui invalide le droit de propriété intellectuel actuel.

Voir aussi :
http://amsterdam.nettime.org/Lists-Archives/nettime-l-9803/msg00079.html
http://www.tao.ca/earth/lk97/archive/0174.html
http://www.corpwatch.org/trac/internet/corpspeech/cyberlords.html
« It’s only piracy if you are poor »
http://www.news.com/Perspectives/Soapbox/rv11_18_96a.html]
« Colonialism to Globalization, five centuries after Vasco da Gama »
http://x3.dejanews.com/getdoc.xp?AN=321398692.1&CONTEXT=889949462.576847881
« Towards a political economy of information »
http://www.solinet.org/THIRDWORLD/obet1.htm
« Labour and the Internet »
http://www.corpwatch.org/trac/internet/globalabor/seminar.html

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